Dre Catherine Zip – Calgary, Alb.
Pouvez-vous me parler un peu du lien entre l’acné et la santé mentale?
Alors, les données indiquent que l’acné a un impact important sur la qualité de vie des gens. On sait que les personnes qui vivent avec l’acné souffrent plus souvent de dépression, d’anxiété et d’une moins bonne estime de soi. On sait aussi que les jeunes qui ont de l’acné sont plus souvent intimidés et ciblés en ligne. L’acné a vraiment des répercussions importantes sur la qualité de vie.
Quel conseil donneriez-vous à vos patients qui font face à des défis de santé mentale à cause de leur peau?
En tant que dermatologues, on essaie vraiment d’améliorer l’état de la peau. Et je pense qu’il est très important de se pencher aussi sur la qualité de vie des patients, parce que ça aiguille notre approche. Si on sait qu’une personne vit des difficultés de santé mentale à cause de sa peau, on s’efforcera de miser sur une approche plus agressive pour essayer de rependre rapidement le contrôle de la situation.
On peut aussi recommander aux patients de consulter un thérapeute et de discuter aussi de la situation avec leur médecin de famille. Mais surtout, on cible le traitement qui améliorera le plus vite possible l’état de la peau de nos patients.
Quelles formes de soutien existent pour les personnes qui vivent des défis de santé mentale à cause de l’acné?
En tant que dermatologues, on s’assure d’offrir des traitements plus agressifs dans ce genre de situation. On communique aussi souvent avec le médecin de famille de la personne pour parler des enjeux de santé mentale et demander d’assurer un suivi adapté.
Voyez-vous des différences entre les défis de santé mentale des adolescents et ceux des personnes plus âgées, comme les femmes en périménopause, par exemple?
Pour les adultes, et chez les femmes surtout, j’entends souvent : « je ne devrais pas avoir d’acné à ce stade-ci de ma vie; je suis là à gravir des échelons professionnels et ma peau me met des bâtons dans les roues. » C’est un sentiment courant chez les femmes adultes. Elles se sentent jugées et ont l’impression que l’acné mine la perception de leur professionnalisme. Je pense que, pour ces femmes, les enjeux se déploient principalement au travail.
Aimeriez-vous aborder d’autres aspects de ce lien avec la santé mentale et l’acné?
Je pense qu’un autre aspect important est le lien entre les médicaments d’ordonnance contre l’acné et la santé mentale. Les études démontrent que les personnes qui prennent ces médicaments présentent souvent une meilleure estime de soi. Souvent, le niveau d’anxiété et de dépression baisse, et on y voit une corrélation avec l’amélioration de l’état de la peau.
J’en parle avec les patients qui hésitent à prendre les médicaments d’ordonnance contre l’acné. Dans la vaste majorité des cas, c’est un choix très positif pour l’amélioration de l’estime de soi et de l’humeur. Tandis que la peau s’éclaircit, l’humeur aussi, ce qui aide à rehausser l’estime de soi.
La Dre Catherine Zip est une dermatologue canadienne exerçant à Calgary, en Alberta. Elle est membre du Collège des médecins et chirurgiens du Canada et présidente du conseil d’administration de la Société canadienne de l’acné et de la rosacée.

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